Pour des exploitations familiales porteuses de croissance : Les paysans invités à changer de comportement

Les paysans, éleveurs et pêcheurs du département de Vélingara ont fait le point, mercredi dernier, sur la situation de leur activité en termes de contraintes et de propositions de relance. C’était dans la commune de Kounkané, à l’occasion de la Journée internationale de l’agriculture familiale. Le Sous-préfet de l’arrondissement de Saré Coly Sallé qui a présidé la rencontre a imputé à certains la responsabilité de leurs problèmes.
Les paysans, pasteurs et pê¬cheurs du département de Vélin¬gara ne parviennent pas à assurer leur sécurité alimentaire, ni à tirer des revenus conséquents de leur activité. A l’origine, des contraintes liées à la pratique de leurs activités et à des comportements compromettants. C’est ce que l’on peut retenir des communications faites à l’occasion de la journée départementale de l’Agriculture familiale, tenue dans la commune de Koun¬kané, mercredi dernier. Pour Ous¬mane Sow, chargé de la communication à la Sodagri, les contraintes à une meilleure exploitation des ressources agricoles, halieutiques et animales sont liées au déficit, voire au défaut des facteurs de production que sont : «l’insuffisance et la vétusté de l’équipement, la faiblesse du pouvoir d’achat des producteurs, le difficile accès au crédit et la cherté des intrants.» Pour Fatoumata Sabaly, présidente de Gpf dans le village de Soutouré, «les demandes d’affectation de terre des femmes ne sont jamais entièrement satisfaites. Alors que la tradition ne leur accorde pas la propriété de terre, même par héritage, sauf pour les rizières.» Abdou Tall, membre de la fédération des producteurs du bassin de l’Anambé, s’est interrogé, quant à lui, sur la possibilité pour les agro-industries d’être affectataires des terres de la localité, par la faute de l’Acte 3 de la décentralisation et sa communalisation universelle.
Dans sa réponse à ces interpellations, le sous-préfet de l’arrondissement de Saré Coly Sallé, qui présidait la rencontre a déclaré que les producteurs doivent être justes avec l’Etat qui fait beaucoup de choses pour la relance de l’agriculture. Il a noté : «Vous dites qu’il n’y a pas d’équipement alors que des équipements (charrues, houe sine, semoirs, charrettes) à vendre à des prix fortement subventionnés sont en souffrance dans les magasins du Service départemental du développement rural. De même que des intrants.» Et puis, pour ce qui concerne le foncier, «souvent vous vous prévalez d’être propriétaires de terres que vous n’exploitez jamais. A la Sodagri se trouvent 5000 ha de terres aménagées, cette saison seuls 3.000 ha sont cultivées.» L’autorité administrative de poursuivre : «Il faut que vous fassiez preuve de davantage d’engagement dans vos activités. Il faut faire travailler vos jeunes élèves et étudiants. Les études ne doivent pas être une raison pour se détourner de l’agriculture, surtout que ce sont eux les bras valides».
Il n’empêche, la rencontre, par la voix de Oumar Baldé, membre de la Cncr, organisatrice de la journée a fait des propositions pour un avancement de l’exploitation familiale. Il a dit : «Il faut s’appuyer sur la recherche et la formation, l’équipement rural, l’accès au crédit et une meilleure réforme foncière.» M. Baldé a poursuivi : «Il faut aller dans le sens de reconnaître un droit foncier réel à tous les titulaires actuels d’un droit d’usage, de créer les conditions d’une transmissibilité et d’une cessibilité encadrée de la terre, prévoir un dispositif de régularisation ou de reprise des terres illégalement attribuées etc.»

Sécurité alimentaire: le DG de la sodagri

 Le Professeur Moussa Baldé, DG de la Sodagri et Président du Conseil  départemental de Kolda s’entretient avec Anta Ndiaye, 

LISEZ

Y a-t-il des accords de partenariat signés entre la Sodagri( basée à Anambé) et les autorités de l’université du Sine-Saloum ?

Partenariat, pour le moment non, mais j’ai eu des discussions avec mon collègue, le recteur de l’université du Sine-Saloum qui est disposé à nous écouter pour que, par exemple la Sodagri puisse participer à la mise en place des curricula qui seront enseignés dans cette université.

Où en êtes-vous avec l’autosuffisance en riz en 2017 ?

Vous avez vu à travers la ville des panneaux publicitaires avec des fiertés de notre pays en l’occurrence le footballeur El Hadji Diouf, Akon, Pape Diouf et Lissa qui ont décidé volontairement de donner leur image au ministère de l’Agriculture pour la promotion de l’autosuffisance alimentaire en riz. Ce programme d’autosuffisance voudrait qu’en 2017, le Sénégal n’importe plus une graine de riz. Pour cela il faudrait qu’on produise 1 million 600 mille tonnes par an. Dans le cadre du programme d’accélération de la cadence de l’agriculture, nous avons le volet riz qui a été validé il y a quelques mois. Nous sommes en train de dérouler ce programme et, pour le moment, le cap c’est d’atteindre l’autosuffisance en 2017. Le Sénégal réunit toutes les conditions pour y arriver. Dans ce programme que nous menons avec ces célébrités, un des volets c’est la promotion du riz local. Il y a un malentendu entre les Sénégalais et le riz local. Scientifiquement, il est prouvé que sur pas mal d’aspects, notre riz est de meilleure qualité que le riz importé. Donc, il faudrait que les gens expliquent parce que nous pensons que beaucoup de Sénégalais ignorent les vertus du riz local et d’ailleurs cette tendance commence à être infléchie. De ce point de vue, on a beaucoup espoir que, dans quelques années, les Sénégalais vont comprendre qu’ils ont intérêt à manger du riz local parce que cela permet de participer au développement agricole avec une économie de 300 milliards par an, mais pour leur santé aussi, ils gagneraient à le consommer.

Vous avez été élu président du Conseil départemental de Kolda. Quels sont vos priorités ?

Nous venons d’être élus et nous allons commencer le travail. Actuellement, nous travaillons à mettre notre équipe en place. Le Conseil départemental de Kolda a vocation à travailler et à développer notre département et à l’inscrire dans la carte culturelle du Sénégal. Nos priorités ce sont, comme on a dit lors de la campagne électorale, l’éducation et la formation, la santé, l’environnement. Sur ce dernier point, l’enjeu serait de mettre en place un plan d’aménagement et d’exploitation qui puisse être durable parce que respectant certaines conditions sur l’environnement.

 

                                              atndiaye@lequotidien.sn”

Direction générale de la Sodagri : Les élus réclament sa délocalisation à Vélingara

La Société de développement agricole et industriel du Sénégal (Sodagri), en charge de l’appui-conseil et responsable des équipements structurants du bassin rizicole de l’Anambé, situé dans la région de Kolda, a sa direction générale à Dakar, précisément dans l’immeuble King Fahd, dont la location et les charges diverses coûtent à la société agricole la bagatelle de 600 millions de francs Cfa par an, selon des élus locaux de la localité.
Ces nouveaux maires, issus des élections locales du 29 juin dernier, participaient jeudi dernier à une réunion convoquée par l’Union internationale pour la conservation de la nature (Uicn), axée sur la gestion de l’eau et du foncier dans ledit bassin.
Pour le 2ème adjoint au maire de Vélingara, Abdoul Aziz Mbengue, «pour un souci d’efficacité et de gestion de proximité qui est maintenant à la mode, la direction générale de la Sodagri n’a pas sa place à Dakar. Elle doit être installée dans le département de Vélingara où se trouvent 90% des terres aménagées, de même que la direction technique. C’est une nécessité si on veut rompre avec les pratiques de pilotage à vue ayant toujours eu cours». Pour Aliou Baldé, maire de la commune de Kandiaye, «en s’installant à proximité des rizières, la Sodagri fait plusieurs millions d’économie qui pourraient être réinvestis dans la vallée. Cela, d’autant que la Sodagri avait déjà investi plusieurs millions de francs pour la construction des bureaux de la direction générale à Vélingara, mais dont les travaux ont été stoppés par des bureaucrates qui ne veulent pas quitter Dakar».
Malick Dia, maire de la commune de Kandia, déclare de son côté : «Nous qui gérons directement les terres aménagées et qui sommes également des producteurs savons mieux que quiconque combien l’éloignement du centre principal de décisions anéantit les efforts de rentabilisation des milliards de francs injectés dans le secteur.» Le représentant des producteurs à cette rencontre, El hadji Aly Gano, est de l’avis des élus locaux. Il dit : «Certaines décisions ne peuvent pas être prises par la direction technique. Il faut un arbitrage de la direction générale qui, souvent du fait de son éloignement, va à l’encontre des intérêts des producteurs. En plus, une direction générale, c’est plusieurs emplois qui doivent revenir à ceux qui font de la riziculture.»
Pour rappel, l’ancien régime libéral avait décidé de délocaliser la direction générale à Kolda. Cela, contre la volonté des producteurs qui penchent pour une finition des travaux des bâtiments en chantiers à Vélingara depuis plus de 20 ans

RIZ – Pour une bonne campagne dans la vallée de l’ANAMBE : Une série de mesures annoncée

Le directeur général de la SODAGRI a annoncé, une série de mesures prises par ses services pour lever les contraintes qui peuvent entraver la campagne agricole 2014. Moussa Baldé qui dans la vallée pour voir l’état d’avancement de la campagne dit etre en phase avec l’état qui veut ramener la direction à kolda.
ECOUTEZ